FIEC : Quel est le résultat final des retards de paiement dans les transactions commerciales ?

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22 avril 2024

Malgré les règles européennes en vigueur depuis 2011 en matière de retard de paiement, les entreprises de construction sont toujours confrontées à des problèmes de retard de paiement qui peuvent menacer leur existence même, car un flux de trésorerie positif est essentiel à leurs activités quotidiennes. La Fédération européenne de l'industrie de la construction (FIEC) discute des projets de la Commission européenne visant à réviser les règles actuelles pour lutter contre les retards de paiement dans les transactions commerciales.

En septembre 2023, la Commission européenne a publié sa proposition de révision des règles actuelles visant à lutter contre les retards de paiement dans les transactions commerciales, en remplaçant la directive actuelle par un règlement.

La FIEC salue globalement cette initiative, car le cadre actuel n’a pas réussi à résoudre de manière adéquate le problème des retards de paiement, en particulier entre les entreprises et les pouvoirs publics, qui constitue un problème important dans de nombreux États membres de l’UE.

Il en va de même lorsque des délais de paiement et/ou des mesures de recouvrement sont prévus par la directive de 2011 ou la législation nationale.

Les entreprises qui n’ont pas été payées à temps par une autorité publique sont souvent réticentes à intenter une action en justice contre elle.

Veiller à ce que les clients publics paient à temps est non seulement essentiel pour créer une culture de paiement rapide, mais a également un effet d’entraînement sur les paiements tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Tous les projets de construction nécessitent un certain niveau de financement initial pour lancer et mobiliser le projet.

Il est essentiel pour la chaîne d'approvisionnement que les clients soient payés à temps pour couvrir les coûts qu'ils ont engagés. Le principe juridiquement contraignant devrait être que tous les clients paient à temps.

L'industrie émet quelques réserves

Bien que la FIEC soutienne généralement la proposition de la Commission, l’introduction de certaines dispositions proposées est problématique.

Selon la proposition, l’entrepreneur principal sera tenu de vérifier le paiement de ses sous-traitants.

L'objectif est de garantir que les paiements dans les contrats de travaux publics soient répercutés tout au long de la chaîne d'approvisionnement, mais la FIEC prévient que cette obligation risque de créer une incertitude juridique ainsi que des charges administratives, financières et temporelles supplémentaires tant pour l'entrepreneur que pour l'autorité contractante.

En outre, exiger de l’entrepreneur principal qu’il prouve que les sous-traitants directs ont été payés, et ne pas être payé tant que cette preuve n’a pas été faite, ne garantit pas que les pouvoirs publics paient effectivement à temps, ce qui est souvent le début d’un retard de paiement. Lorsque cela se produit, les paiements ne peuvent pas être répercutés le long de la chaîne d’approvisionnement.

La proposition exige également que les États membres désignent des autorités nationales chargées de faire respecter le règlement, mais ne leur impose pas explicitement, une fois désignées, de prendre des mesures à l’encontre des autorités publiques.

Une telle proposition aurait rencontré la résistance de la majorité des États membres, qui estiment qu'un système parallèle aux tribunaux serait source de confusion et de bureaucratie. Ce point de vue est également partagé par certaines fédérations nationales membres de la FIEC.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les choses évoluent rapidement au Parlement européen, mais il y a eu quelques revers.

La commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) devait voter sur les amendements à la fin du mois de février, mais le vote a été reporté à la troisième semaine de mars.

Le Parlement est divisé sur certaines dispositions proposées, notamment celles relatives aux paiements aux sous-traitants dans les marchés publics.

Au sein du Conseil de l'UE, de nombreux États membres semblent très critiques à l'égard de la proposition. Outre les inquiétudes concernant la mise en place d'autorités de mise en œuvre, de nombreux États membres estiment que le règlement ne tient pas compte des spécificités de leurs systèmes nationaux. En ce sens, nombreux sont ceux qui auraient préféré une révision de la directive actuelle.

Une autre disposition qui susciterait des désaccords est le délai de paiement de 30 jours applicable à toutes les entreprises. De nombreux États membres défendent la liberté contractuelle des entreprises de fixer des délais de paiement plus longs dans leurs contrats. Bien que cela soit important, la FIEC considère que le maintien du délai maximum à 30 jours lorsque le débiteur est une administration publique est le moyen le plus efficace de lutter contre les retards de paiement dans le domaine G2B.

Il reste à voir à quelle vitesse ce dossier va évoluer. En attendant, la FIEC est favorable à des règles claires pour promouvoir et garantir des paiements rapides des clients aux entrepreneurs et entre entrepreneurs, tout en minimisant la charge administrative pour toutes les parties impliquées dans une transaction commerciale.

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